Question d’actualité au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Monsieur Jan Jambon, concernant l’éminence de nouvelles menaces terroristes

16/06/2016

Monsieur le Ministre,

Selon une note adressée par la cellule antiterroriste à tous les services de police du pays des combattants auraient quitté la Syrie dans le but de commettre de nouveaux attentats en Europe, plus spécifiquement en Belgique et en France.

Trois cibles sont citées : un centre commercial bruxellois type city 2, une chaine de fast-food américaine, sans localisation particulière, ainsi qu’une cible policière/commissariat.

Vous avez déclaré ne pas avoir été spécialement informé et que « de toute façon, nous sommes menacés depuis que nos F-16 opèrent dans le ciel irakien, donc cela ne change rien puisque nous savons que la Belgique est la cible de ces gens-là, nous prenons les mesures en conséquences ».

Monsieur le Ministre, ce type d’information n’est pas anodine et suscite encore davantage la crainte de la population. Il en va de votre devoir de les protéger et les rassurer.

L’OCAM a décidé de maintenir l’alerte au niveau 3 pour l’ensemble de la population, soit un menace possible et vraisemblable.

Chose difficilement compréhensible, alors que la police est directement visée par la menace, que des courriers leurs sont adressés afin de les mettre en garde car ils constituent une cible potentielle, le niveau de la menace à leur égard est inférieur, soit le niveau 2+ (vigilance renforcée).

Les évènements récents en France nous montrent à quel point les policiers constituent des cibles potentielles que ce soit dans le cadre de leur fonction ou en dehors de celles-ci.

Comment justifier une telle mesure ? Que doit faire un policier lorsqu’il reçoit une telle information de son service antiterrorisme ? On se contente de ne rien changer, de faire « comme si rien n’était », comme le laisse entendre Monsieur Jambon ? Comment votre gouvernement entend-il assurer la sécurité de ceux qui se trouvent en première ligne pour nous défendre contre cette menace ?

En recul en Syrie et en Irak, l’Etat Islamique pourrait être contrainte de solliciter davantage d’électrons libres pour commettre des attaques nécessitant peu d’organisation logistique. On voit d’ailleurs une multiplication du nombre de départs de djihadistes, quittant l’organisation, afin de retourner dans leur pays d’origine.

Leurs motivations sont multiples et ces départs posent de nombreuses questions. Ils demandent une gestion irréprochable par nos services afin d’assurer la sécurité maximale sur notre territoire.

Comment s’assurer que ces returnees ne sont pas envoyés en mission par l’Etat Islamique lui-même ? L’Etat Islamique a en effet tendance à supprimer ceux-qui souhaiteraient quitter ses rangs.

Comment nos services de renseignements gèrent-ils ces départs ? Sommes-nous confrontés à un afflux vers la Belgique (chiffres) ?

Le coordinateur national du renseignement en France, Didier Le Bret, a même indiqué que certains returnees prenaient directement contact avec les services de renseignement français. Est-ce le cas en Belgique ?

Je vous remercie.

Pour obtenir la réponse du Ministre

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