Carnets
de campagne

"La campagne attendra..."

Pourquoi faut-il donc que dans notre monde surinformé et « surdiverti », seul le spectaculaire, le sensationnel ou le tragique parvienne encore à nous  faire froncer les sourcils et toucher au cœur ?

Le destin paradoxal de l’Afrique, continent le plus riche et abritant les populations les plus pauvres du monde nous est pourtant bien connu. Nous savons que l’Afrique bénéficie depuis bientôt vingt ans d’une montée régulière des prix des matières premières qui devrait se traduire par un recul de la pauvreté et par un progrès spectaculaire vers la diversification industrielle et le développement, et tout d’abord en matière de santé et d’éducation, femmes comprises. Mais nous savons aussi que dans la plupart de ces pays, les élites dirigeantes, arrosées par les grandes entreprises occidentales et asiatiques, accumulent des patrimoines fabuleux placés le plus souvent dans nos pays, via des paradis fiscaux. Nous savons aussi que les peuples ne voient rien de cette manne, que leur condition reste misérable : faim, peur, analphabétisme, pandémies.

Qu’un grand pays de 200 millions d’habitants comme le Nigéria, en passe de doubler l’Afrique du Sud comme principale économie du continent, ne soit pas en mesure de faire régner le droit et la sécurité, est évidemment un scandale. Nous n’ignorons pas que, surfant sur le désespoir des masses africaines, des « prophètes » le plus souvent des islamistes fondamentalistes dont l’enseignement n’a plus rien à voir avec le Coran,  se lèvent pour mobiliser des disciples, des sectes, des groupes armés.

Boko Haram est de ces derniers.  Il a fait enlever 276 lycéennes à Chibok au Nigeria, voici exactement un mois. Il veut ainsi combattre l’éducation des filles qu’il voit comme une concession intolérable du gouvernement nigérian à l’occidentalisation du pays. Il entend les vendre comme esclaves. 10 dollars par jeune fille. L’ignominie n’a d’égale que l’horreur dans cette nouvelle saga africaine. On imagine la peine, l’inquiétude folle, la colère et le désespoir des familles de ces adolescentes, victimes au XXIe siècle de ces pratiques barbares. Et le Gouvernement nigérian reste les bras ballants, incertain de ce qu’il doit faire.

Comment ne pas réagir devant le martyre des 276 lycéennes de Chibok ? Comme citoyens, comme mandataires, nous avons le devoir d’interpeller le Nigéria, l’Union africaine, l’UE et la Belgique. J’interpelle notre Gouvernement en sollicitant l’intervention du Ministre des Affaires Etrangères pour que la Belgique se joigne au concert des Nations qui demandent que ces jeunes filles soient arrachées à leurs ravisseurs et rendues à leurs parents et à leurs familles.

La campagne attendra...

                                                                                                                         Jeudi 15 mai 2014

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