Carnets
de campagne

"Plongez dans la Vie"

Sénatrice de Liège,  je suis amenée à vivre au plus proche des tragédies humaines qui surviennent de loin en loin, mais toujours trop souvent, dans la vie d’une grande métropole. Hier, c’était l’explosion meurtrière de la Rue Léopold,  ensuite, la tuerie de la Place Saint Lambert et aujourd’hui, la mort en service commandé de deux pompiers de l’Intercommunale d’incendie, Yves Peeters et Christian Dejardin.

Leurs camarades et les autorités leur ont rendu, ce matin à la caserne de la Rue Ransonnet, un hommage solennel auquel participait Joëlle Milquet, Vice-Première Ministre et Ministre de l’Intérieur. Comment taire ce moment dramatique qui éclipse soudain ma campagne et qui me renvoie à la violence de la mort, plus dure encore lorsqu’elle frappe deux jeunes adultes? Et comme le dit très justement la magnifique chanson de Lynda Lemay choisie par les familles lors de la cérémonie d’adieu, « quand on perd son gamin, il n’y a pas de mot, il n’y a pas de nom,… ».

Cérémonie d’une intensité prenante : nous avons pris congé dans le silence et la tristesse de deux hommes jeunes, sportifs, pompiers exemplaires, plongeurs émérites, unis par une solide amitié, tous deux laissant derrière eux des familles dévastées. J’ai, du coup, écouté avec une extrême attention les paroles prononcées par l’officiant qui a dit mieux que je ne pourrais le faire, quel message nous laissaient Yves et Christian.

D’abord, la noblesse du métier de pompier où le devoir, c’est-à-dire le service aux autres, n’est plus une option mais une consigne absolue à laquelle on ne peut pas se dérober. Il faut y aller ? On y va. Point-barre ! Ensuite, et c’est la conséquence logique de cet impératif catégorique qu’est le service,   il y a la camaraderie. Le collègue est en difficulté? On vole à son secours. La chaîne se fait, instinctive, efficace, indissoluble,  dans la fournaise ou l’eau glacée. Lorsqu’Yves plonge pour secourir Christian, la camaraderie se fait fraternité. Unis dans la mort, comme dans la vie !

Frères désormais pour l’éternité! Enfin, Yves et Christian nous laissent un message: tant qu’il y a vie, tant que tout reste possible, plongez! Pas un regard en arrière. Rien que la vie à sauver, la personne à arracher à la mort ou à la détresse. Tant qu’il est encore temps, plongez dans la vie.

Plongez ! Quelle consigne redoutable et magnifique !

                                                                                                                  Mercredi 14 mai 2014

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