Carnets
de campagne

"Plus jamais cela !"

Les aînés se laissent parfois gagner par l’émotion devant l’afflux de souvenirs. Ce vieux monsieur que je suis venue saluer chez lui à la veille du 8 mai, évoque le jour où son père, a reçu son ordre de mobilisation, «Les enfants jouent volontiers à la guerre. Mais quand j’ai vu papa redescendre l’escalier équipé de son barda militaire, j’ai été frappé de terreur. Et s’il n’allait plus revenir!» Il me saisit par le bras: «Jamais cela pour mes petits-fils. Je compte sur vous n’est-ce pas ?»

Je souris, car je comprends. Hier comme Premier Echevin d’Aywaille, et aujourd’hui comme Conseillère communale, je ne manque depuis vingt ans, presqu’aucune commémoration patriotique. Ces cérémonies sobres, recueillies, intenses me touchent. Je suis habitée de la mémoire de ces femmes et ces hommes, combattants, résistants, déportés, morts au combat, évanouis dans l’enfer des camps. Que de souvenirs échangés, de confidences reçues! C’est d’abord du respect que j’éprouve.

Mais au plus profond de moi, je cultive aussi cette parole prononcée aux Nations Unies « Plus jamais la guerre ». La responsabilité première de l’élu est de rester vigilant, d’anticiper, de guetter les nuées sombres qui soudain s’amoncellent sur un pays lointain – Sarajevo, Dantzig, le Kosovo, la Crimée, la Syrie – et puis déferlent. Il est absurde de nier la guerre. C’est trop simple d’écarter le risque du revers de la main: «Vous pensez bien, avec les échanges économiques entre nations, il y aurait trop à perdre». Ou encore « avec les armes d’aujourd’hui, la guerre est impossible!» L’Histoire nous enseigne que la guerre vient lorsque les dirigeants perdent le contrôle des évènements et qu’on en arrive à la minute fatidique du duel de cow-boys : «Si je ne tire pas le premier…».

La première tâche du politique est d’assurer la paix: par le marché et le libre-échange, par des institutions, comme les Nations-Unies, par des alliances stratégiques comme l’OTAN, par la diplomatie, par la coopération.

En 1914, les puissances établies – France, Grande-Bretagne, Belgique – n’ont pas veillé à intégrer au «Banquet des Nations» le nouvel Empire allemand en plein boom démographique et en quête désespérée de matières premières et de débouchés pour ses exportations. Guillaume II était un belliciste; il ne craignait pas la guerre, c’est vrai. Mais on n’a pas non plus veillé à faire place à une grande puissance allemande montante.

Aujourd’hui, en 2014, saurons-nous faire place à un géant, la Chine, forte de ses 1,300 million d’habitants et de son miracle économique qui décuple ses besoins en énergie, en minerais, en nourriture. Comment y répondre par des mécanismes de marché efficaces et justes, par des transferts de technologie, par un accord sur le climat ? Ces questions se posent concrètement aujourd’hui avec acuité. Il faut les résoudre par la négociation, par le Droit et non par la force.
 

"Oui, Monsieur Gillot, ma génération de responsables politiques a conscience de ces enjeux. J’entends travailler à bâtir une Europe non seulement réconciliée chez elle, mais force de paix dans le monde.

C’est promis, je monterai la garde et je ne laisserai pas s’éteindre ma lanterne!"

                                                                                                                     Jeudi 08 mai 2014

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