Carnets
de campagne

"On ne vous voit que pendant les élections!"

Le reproche m’est souvent fait sur les marchés, en rue, dans les réunions Tupperware. «Comment se fait-il qu’on ne voit que vous ces jours-ci, mais entre deux élections, rien!». Le ton est tantôt réprobateur, tantôt taquin. Le quadra insiste: «la politique, cela m’intéresse, mais je n’ai jamais l’occasion d’interpeller un élu…jusqu’au moment où il a besoin de ma voix pour se faire  réélire.»

Je soupire par devers moi. Je songe à toutes les réunions, rencontres, animations auxquelles je participe, à la centaine de mails quotidiens, aux coups de fil, aux sms. Pendant cinq ans, le politique – homme ou femme – va à la recherche du citoyen: il en a besoin d’abord pour se faire une opinion. Certes, il y a les études, les rapports officiels, la documentation, les experts. Mais le contact au quotidien avec des mères de famille, des étudiants, des pensionnées, des agriculteurs, des cadres, des chômeurs, des fonctionnaires, des enseignants, des infirmières, des avocats, des chefs d’entreprises, est vital pour moi. Je le recherche et je le provoque. J’ai besoin de prendre la température, de vérifier si les problèmes sont bien posés, les solutions réalistes, si l’information passe…dans les deux sens. C’est souvent prenant, parfois difficile, voire carrément dur, car on reçoit parfois en retour une réaction hostile en plein visage. Mais c’est nécessaire, et parfois encourageant. Oui, je puise mon courage dans cet échange quotidien – weekend compris – avec mes électeurs. J’en ai besoin et c’est mon devoir. Les élections, c’est en effet autre chose!

L’élection c’est d’abord, un peu semblable à la ‘bloque’ des étudiants avant les examens finaux: il faut présenter un bilan pour hier et un programme pour demain. Après un gros travail en interne avec services d’études et spécialistes divers, les élus vont dans les rues et les places publiques – le Forum disaient les Romains, l’Agora disaient les Grecs – pour rendre compte du mandat pour le passé et convaincre du projet pour l’avenir.

L’élection, c’est aussi un entretien d’embauche: mais cette fois c’est l’élu qui est du côté du candidat et le citoyen dans le siège du directeur des Ressources Humaines (le DRH). Il faut faire preuve non seulement de la qualité de son dossier, mais aussi passer des tests de personnalité. Le critère ultime est d’obtenir la confiance de l’électeur: êtes-vous loyale? Compétente? Engagée? Fiable? Ces quatre qualités sont indispensables. Certes, on peut parfois faire illusion ou bluffer, ou parfois rater une marche comme cela nous arrive à tous. Mais en démocratie, on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. C’est un des bons côtés du système.

Enfin, à l’élection l’arbitre remet la balle en jeu. Une campagne électorale, c’est l’affrontement, non d’individus sur leurs looks ou leurs slogans, mais d’équipes sur les programmes et la compétence. On ne gagne pas une élection seule, ou alors c’est inutile car c’est un team qui doit l’emporter.

Au soir du 25 mai, nous ferons le décompte des voix. Et puis nous reprendrons le combat dans les enceintes où nous aurons été élus. Et je vous rendrai compte, rigoureusement, tout au long de mon mandat, comme je l’ai fait depuis 6 ans au Sénat.

                                                                                                                    Mercredi 07 mai 2014

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