Carnets
de campagne

"Et si c'était les jeunes qui nous apprenaient la politique?"

Nous sommes attablés dans un restaurant italien de Herstal, après un débat sur l’emploi. C’est la préoccupation première des jeunes. Ce n’est pas la seule. Maria, 19 ans, étudiante en architecture, Gaël 24 ans, sociologue mais jobiste dans un supermarché, Valentine 23 ans qui enfile stage sur stage en Communication, Gilles 27 ans ingénieur-informaticien en route vers un statut de cadre, Arnaud, ébéniste qui se spécialise en restauration – le Louis XIV liégeois précise-t-il – tous ont leur mot à dire et ne s’en privent pas sur l’emploi justement, sur le programme européen d’échanges Erasmus, sur les réseaux sociaux, l’euthanasie des enfants, le nom de famille, l’Ukraine, sur le fondamentalisme islamiste. On dit les jeunes inintéressés par le scrutin du 25 mai.

Ce n’est pas l’expérience que je fais au fil de la campagne. Je relève trois preuves du contraire.

Un, ils ne sont pas blasés: cette première expérience de la démocratie les exciterait plutôt. Ils veulent d’abord comprendre en quoi les partis sont différents. Je réexplique le cdH: un parti qui réunit sur les valeurs humanistes – la liberté, la solidarité, la justice, le respect – un parti qui refuse les divisions entre indépendants et salariés, entre actifs et chômeurs, entre riches et pauvres, entre professions intellectuelle et technique.

Deuxièmement, leur familiarité avec les technologies de l’information leur assure une ouverture sur toutes sortes de questions, nourrit leur curiosité, mais aussi leur scepticisme. Je les mets en garde: attention au piège du cynisme. Tout ne se vaut pas. Il faut pousser la réflexion plus loin, faire preuve d’esprit critique : il y a le vrai et le faux, le chouette (sic) et le moche (resic), le beau et le laid. Ils argumentent, objectent, approuvent. Le courant passe.

Troisièmement, certains ont fait l’expérience de formations citoyennes en secondaire ou au travers de maisons de jeunes et associations. Ceux-là ont repéré grosso modo le schéma institutionnel. Ils saisissent l’enjeu de l’élection: faire rendre des comptes, fixer un mandat aux politiques, choisir des mandataires. Ils font la différence, plus entre la gauche et la droite qu’avec le centre – un concept plus compliqué de premier abord – ou même avec l’écologie qui pour eux ne passe pas nécessairement par un parti.

Bref, les jeunes sont dans le coup. Ils comprennent d’instinct que la politique, en temps de crise, est l’ultime recours pour la masse de nos concitoyens.
Intéressés par le job? Gilles se marre; pourquoi pas? Mais alors dans dix ans. Je dois d’abord faire mon trou dans ma boîte.

J’approuve: l’expérience professionnelle, cela compte aussi en politique.

                                                                                                                            Lundi 05 mai 2014

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