Carnets
de campagne

"Ceux que l’on met au monde ne nous appartiennent pas…"

Il y’a de ces rencontres inattendues qui marquent, parce qu’elles nous surprennent ou parce qu’elles sont tellement en dehors du moment vécu qu’on ne peut les oublier. Mais quelle force elles donnent pour continuer. Et si c’était celles-là qui donnaient un sens à cette course ?

Cette rencontre se passe à Verlaine lors d’une marche gourmande. Nous sommes un petit groupe au milieu de ces joyeux marcheurs affamés de leur course. Je repère à quelques mètres de nous une famille qui vient de prendre place pour se sustenter, entourée de quatre chiens de race Golden Retriever, dont deux chiots. Je constate assez vite que les chiots portent un dossard avec la mention « en formation ». Je m’approche, et, je remarque deux jeunes en fauteuil roulant. La conversation s’entame très vite avec la maman. Elle m’explique que ces chiens sont destinés à être donnés à des personnes handicapées comme chien d’assistance, avec une panoplie de tâches comme ramasser des objets, ouvrir des portes, détecter des situations d’urgence comme les crises d’épilepsie, ou celles liées au diabète ou encore donner l’alerte. Elle me présente son ASBL « Mila » qui forme puis donne ces chiens aux familles qui en ont besoin.

Nous poursuivons notre conversation et nous faisons par l’intermédiaire de ses parents la connaissance de Guillaume, jeune homme de 17 ans atteint d’un handicap consécutif à une maladie orpheline rare. Les parents nous expliquent leur combat pour prodiguer des soins à Guillaume, l’inscrire dans une école, lui assurer une certaine autonomie dans la vie quotidienne. De l’émotion, bien sûr, un engagement sans compter sûrement, mais de l’amour assurément. De si petites choses pourtant qui leur permettraient de consacrer leur force et leur énergie au seul handicap de Guillaume et pas aux démarches qui y sont liées. Ils nous parlent de la non-reconnaissance par l‘AWIPH des chiens d’assistance comme les leurs, les seuls qui le sont, sont ceux accompagnant les personnes malvoyantes. Quelle ineptie !

Je les quitte à contrecœur après un long échange. Sur le chemin du retour, me résonne sans cesse en tête cette magnifique chanson de Lynda Lemay « Ceux que l’on met au monde ne nous appartiennent pas » et je garde ces paroles comme une promesse « t'auras pas dix-huit ans de la même façon que ceux que le temps rend plus hommes que garçons t'auras besoin de moi mon éternel enfant qui ne t'en iras pas vivre en appartement, ta jeunesse me suivra jusque dans ma vieillesse… » Et je me dis qu’il y a des gens extraordinaires, ceux-là donnent de leur temps pour d’autres alors qu’ils pourraient légitimement se consacrer à leur famille…

Elle est belle la vie, vous ne trouvez pas ?

                                                                                                                    Samedi 03 mai 2014

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