Barroso , Van Rompuy même combat

29/09/2011

Le mot d’Hillary Clinton a fait fortune : ‘Never waste a good crisis’, Ne gaspillez jamais une bonne crise ! C’est ce qu’a enfin compris Barroso  et c’est ce qu’il a tenté de faire dans son discours sur l’Etat de l’Union  prononcé ce mercredi à Strasbourg.  Je dis bien tenté car l‘exercice du droit d’initiative reconnu par les Traités à la Commission  est périlleux dans une UE-27 à deux vitesses, très partagée de surcroit , tant au sein de l’eurozone qu’en-dehors. Que le Président de la Commission soit sorti du bois sous la pression du Parlement devant lequel il est responsable, face à l’inquiétude affichée par les grands ténors de Strasbourg devant l’initiative Merkel-Sarkozy de renforcer le rôle du Conseil Européen à 17 dans la gestion de l’eurozone, est probable . Mais c’est  la substance de ses propositions qui importe aujourd’hui. Or, on y trouve les matériaux nécessaires pour construire une digue de protection autour de l’eurozone contre les coups de boutoir des marchés financiers. La faiblesse de la zone euro tient  en effet à ce que, si la monnaie est commune , les dettes sont nationales et dès lors elles prêtent le flanc à l’arbitrage des marchés qui peuvent choisir de jouer à la baisse la dette d’un pays vulnérable comme l’un des cinq Etats périphériques de la zone, et à la hausse celle des Etats réputés plus solides. Le résultat est que les taux d’intérêt sur la dette publique remontent pour les premiers et descendent pour les seconds, ce qui aggrave les écarts entre le Nord et le Sud au sein de l’Eurozone et dès lors menacent son unité. En effet , les pays qui s’en sortent mieux se voient un peu facilement comme de vertueuses fourmis et réduisent tous les pays en difficulté à la caricature de  cigales prodigues . Du coup les opinions publiques des premiers renâclent, à l’instigation soit des partis conservateurs ‘près des portefeuilles’ de leurs électeurs , soit des formations populistes bien présentes dans les pays nordiques.

 Barroso plaide pour unifier la dette publique au sein de l’eurozone en remplaçant les titres nationaux par des  euro-obligations , pour en contrepartie,  renforcer la discipline imposée aux Etats en déficit excessif ou en menace de l’être et  pour accroître la capacité financière du Fonds Européen de Stabilisation Financière, le Samu des pays en crise financière,  que nous venons de renforcer, en lui permettant de se refinancer auprès de la Banque Centrale Européenne.  On ne peut que souscrire à toutes ces idées qui vont resserrer la solidarité et la cohérence de l’eurozone.  On se réjouira enfin de voir se matérialiser la taxe sur les transactions financières qui servira surtout de marqueur utile pour surveiller les flux de capitaux entre l’eurozone ou l’UE-27 et les places financières douteuses sous-régulées et sous-taxées.

Par ailleurs, le Président Barroso revendique pour la Commission le rôle de ‘Gouvernement économique  de l’eurozone ‘ qu’il dispute ainsi au Conseil européen restreint à 17 imaginé par Sarkozy et Merkel et qui devrait être, avec raison , présidé par  Herman Van Rompuy. En soi rien que de très logique  d’autant que Barroso est responsable devant le Parlement, ce que Van Rompuy n’est pas. Mais faut-il maintenant  se focaliser sur ce débat qui ne sera résolu que par un aménagement des Traités : en effet, ce n’est qu’au prix d’acrobaties institutionnelles impliquant le Conseil européen ,l’eurogroupe  à 17 qui est  le gouvernement économique ‘fantôme’ aujourd’hui en charge,  la Commission à 27, le Conseil Ecofin à 27 et le Parlement à 27 , les deux dernières institutions se partageant la co-décision législative , que  les décisions de politique économique pour l’eurozone sont adoptées et mises en œuvre . Une simplification s’impose  pour des raisons d’efficacité et de responsabilité démocratique. Elle passe par un nouveau Traité et on peut s’étonner  que Barroso n’y songe que pour les euro-obligations.

Car si révision des Traités  il doit y avoir , il faut oser élargir la compétence de l’eurozone à la fiscalité et à la finance  de manière à assurer la cohérence de l’union économique prônée par Barroso ?  Comment en effet  réussir le désendettement de nos Etats et comment assurer la stabilité financière interne de la zone euro sans créer un espace économique  dans lequel les trois piliers de la monnaie, de la finance et du budget , y compris la taxation, sont mis en cohérence pour atteindre les objectifs communs. Pour rendre l’exercice de la politique économique effectif au sein de l’eurozone,  il faudra aussi remplacer l’unanimité là où elle prévaut encore – notamment l’harmonisation fiscale- par le vote à la majorité qualifiée. Avec raison , le Président de la Commission soulève enfin le lièvre de la représentation externe de l’eurozone notamment au sein du FMI . N’est-il pas surprenant que lorsque le FMI intervient en Grèce, aux côtés de la BCE et de la Commission, sa délégation reçoive ses instructions d’un Board dont l’eurozone est exclue alors que les Etats-Unis  et le Royaume-Uni , non membre de l’UEM, sont présents et pèsent de tout leur poids ?

Comme on le voit, la crise de l’eurozone qui constitue un péril mortel pour l’UE-27 et dont l’effondrement précipiterait l’économie mondiale dans un marasme terrifiant, exerce un effet pédagogique sur les cercles dirigeants de l’Union. Herman Van Rompuy , ‘l’ingénieur ‘du Conseil européen , et le Président Barroso poussé dans le dos par le Parlement européen,  ne seront pas de trop pour sortir l’euro de l’ornière.

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